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Articles de presse

AZO DIENG : J'ECRIS POUR CHANGER LE MONDE

Durant les dernières années, de nombreuses voix se sont levées pour décrier le fait que la jeunesse africaine demeure dans le mutisme, cependant que celle du reste du monde est en pleine révolution. Révolution non pas dans le sens barbare du terme, mais plutôt dans le sens d'évolution, de maturité, de mouvement. A ces gens, nous avons décidé de répondre en leur donnant des exemples de jeunes africains qui bougent et font bouger les choses, mais que malheureusement l'on ne voit pas. Nos médias étant beaucoup plus préoccupés par les derniers potins étasuniens, ou les déboires de nos présidents, ne songent pas à montrer cette jeunesse qui en veut, et qui se bat pour le prouver.
Assane Dieng, plus connu sous le nom d'Azo Dieng, fait partie de cette jeunesse-là. Armé de sa plume, il a décidé de mener le combat pour l'édification d'un monde nouveau. Ses poèmes traduisent son engagement, et ses actions, la constance qu'il a dans ses idées. Comme bien de jeunes cachés de la face du monde, il méritait d'être éclairé par notre phare, afin de nous parler de son parcours, de ses projets, et de ses réalisations. Nous vous offrons l'entretien avec ce jeune auteur-poète sénégalais.


DPA : Bonjour Assane. Pouvez-vous vous présenter aux internautes ?

AZO : Bonjour! Je m'appelle Assane DIENG, je suis étudiant en Master de Lettres à l'Université Gaston Berger de Saint-Louis; aussi suis-je un jeune poète, membre fondateur de Plum'Art (Club des jeunes écrivains et artistes de l'UGB), membre de l'organisation Poetas Del Mundo depuis février 2012 et Lauréat du concours international de poésie de Saint-Louis en 2009.

DPA : Parlez-nous de votre rencontre avec la littérature

AZO : Je dirais que j'ai découvert la littérature très tôt, à la maison d'abord. En effet, quand on a une maman qui enseigne le français et une tante écrivain et aussi professeure, il est clair que l'on grandit au milieu des livres et le goût de la lecture nous vient naturellement. C'est ainsi donc que très tôt j'ai côtoyé les livres, appris à aimer la littérature - jusqu'à suivre des études de Lettres - et au fil du temps, je me suis résolu à franchir la ligne et prendre la plume. Mais fondamentalement "ma rencontre" avec Victor Hugo a été très déterminante, car c'est après avoir lu Les Contemplations que je me suis vraiment mis à écrire.

DPA : Pourquoi écrivez-vous? Quel est le but que vous poursuivez?

AZO: J'écris d'abord pour moi. Je pense que tout auteur au premier degré est intimiste et que l'écriture reste une quête, la quête de l'Autre qui est en Soi. Mais en tant qu'élément d'un dispositif dans lequel nous évoluons tous, mes inquiétudes, mes peines ou mes joies, aussi personnelles et intimes soient-elles sont forcément partagées par un prochain. A partir de ce moment-là, j'écris non plus pour moi seul mais pour les autres aussi. En substance, Victor Hugo l'aurait résumé en ces termes : insensé toi qui pense que quand je te parle de moi, je ne te parle pas de toi. Dans un autre registre beaucoup plus souple et moins théorique, je dirais tout simplement que j'écris pour changer le monde. Faire évoluer les consciences et les mentalités et apporter ma modeste contribution à l'édification d'un monde nouveau.

DPA : Avez-vous des références littéraires ? Si oui, quelles sont-elles ?

AZO: Bien évidemment ! Vous savez tout auteur subit des influences par rapport à son vécu mais surtout avec ses lectures. Je l'ai dit tantôt, Victor Hugo reste pour moi le dieu de la république des lettres. J'ai aussi d'autres références, en dehors des monuments que sont Senghor et Césaire, je voue un grand respect et une forte admiration à certains de nos contemporains comme Louis Camara ou encore Alioune Badara Coulibaly qui sont de très grands écrivains, consacrés plusieurs fois.

DPA : Que pensez-vous de l'actuelle littérature africaine?

AZO: Elle est dans une situation très complexe et paradoxale. Nous avons d'excellents écrivains mais malheureusement, il n'y a pas assez de critique pour les accompagner, et je pense que cela déprécie la qualité des productions. A cela s'ajoute la lancinante question du problème de l'édition alors que l'on assiste à un foisonnement des nouvelles maisons d'édition, mais qui apparemment n'existent que de nom pour certaines. Cela dit, il y'a de l'espoir, et avec la nouvelle génération qui s'annonce, je crois bien que les choses vont bouger, et ce dans le bon sens.

DPA : Pensez-vous que la littérature puisse améliorer de quelque façon les mentalités, notamment celle de la jeunesse africaine ?

AZO : Oui je le pense; mais à condition qu'elle s'adapte à la jeunesse africaine. Je veux dire par là qu'il faudrait avoir des œuvres qui prennent en charge les préoccupations de la jeunesse, qui mettent en scène les jeunes et qui ne paraîtra pas comme une censure du comportement de ces derniers. Et c'est à ce niveau que nous, jeunes - vous et moi par exemple - qui avons la chance de pouvoir avec notre plume exprimer nos idées, devons intervenir et peser de tout notre poids pour ramener nos frères et soeurs égarés dans les rangs, si je puis l'exprimer ainsi.


DPA : Selon vous, que manque-t-il a la jeunesse africaine d'aujourd'hui?

AZO: Des références surtout ! Et Dieu sait que nous en avons à gogo. Notre continent a vu naître de très grands hommes mais qui malheureusement sont noyés par le "star-système" qui met en valeur des gens qui, honnêtement, n'ont absolument rien à nous apporter sinon nous divertir. Il faudrait que l'on sache que pour construire l'Afrique, on ne trouvera pas les matériaux dans l'alcool, la drogue, etc... ou encore dans les baskets de je ne sais quelle star hollywoodienne. Si un jour les jeunes africains comprennent cela, la marche vers le développement de notre continent sera alors enclenchée.

DPA : Avez-vous le projet d'écrire des livres? Si oui, dans quels genres, et pourquoi?

AZO : Oui, j'ai des projets d'écriture. Déjà, j'ai un recueil de poèmes Premières pluies qui paraîtra très prochainement aux éditions l'Harmattan Sénégal. J'ai trouvé aussi un éditeur - dont je tairais le nom pour le moment- pour mon deuxième recueil; et j'ai trois manuscrits en élaboration par devers moi : deux de poésie et un de nouvelles. Vous l'aurez remarqué sans doute, je produis en grande partie des oeuvres poétiques, mais pour autant, je ne veux pas me limiter à ce seul genre. Même si je suis plus à l'aise avec les vers et les rimes, je l'avoue, je m'essaie des fois à la nouvelle et mon rêve c'est d'écrire un jour un roman.

DPA : Avez-vous d'autres passions ou projets que l'écriture? Si oui, quels sont-ils?

AZO : Disons que je suis passionné par l'art et la culture en général. Et en dehors de l'écriture, j'ai un projet de label que je suis en train de concevoir et d'expérimenter, notamment Rimes du fleuve qui se veut être un label de production de spectacles culturels mais aussi de tutorat et de suivi d'auteurs, entre autres.

DPA : D'aucuns pensent que la jeunesse africaine est victime d'une léthargie qui la garde dans la passivité. En tant que jeune africain, que répondez-vous à cela ?

AZO : Je ne suis pas l'avocat de la jeunesse, mais je ne peux partager cet avis. D'accord, il y'a des jeunes qui vraiment ne font rien pour avancer ; mais à côtés de ceux-là il y'en a qui se décarcassent à fond pour faire bouger les choses, et dans tous les domaines. Je n'irai pas chercher loin, vous-même vous faites partie de cette jeunesse debout, moi aussi je me réclame de cette jeunesse-là qui refuse la passivité, la léthargie. Maintenant, il est vrai que tout le monde n'a pas le même tempérament, et beaucoup perdent leur vigueur et leur hargne après quelques ratés, mais il n'empêche qu'il y'aura toujours des guerriers pour croire en leurs idées, en leurs rêves et les poursuivre jusqu'au bout. Et ce n'est pas du tout facile parce que les jeunes ne sont pas véritablement soutenus, osons le dire, mais ce n'est pas une excuse, et heureusement beaucoup sont dans cet état d'esprit et essaient chaque jour de sortir de cette léthargie.

DPA : Que pensez-vous de Da Promoter Agency

AZO : C'est une excellente initiative. Très franchement, j'ai été ravi quand j'ai vu le site et tout le travail abattu jusque-là. Da Promoter Agency est la parfaite illustration de cette jeunesse qui bouge, qui refuse la fatalité et qui non seulement ose rêver mais ose son rêve. A chaque fois que je me connecte à Internet, dès que je le peux, je fais un tour sur le portail web de l'agence et je vous assure que ce que vous êtes en train de faire est tout simplement magnifique. C'est pour moi l'occasion de vous féliciter vivement pour cette initiative et vous encourager à persévérer dans cette dynamique. Je reste convaincu que c'est avec des jeunes comme vous que l'Afrique verra le bout du tunnel.

DPA : Votre mot de la fin

AZO : Cela a été pour moi un très grand plaisir d'être l'invité de Da Promoter Agency et Vive la jeunesse Africaine debout !

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Auteur concerné :

Azo DIENG


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