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Articles de presse

Des lecteurs écrivent

A Madame Anne COUSIN
Je savais, comme un peu tout le monde, que les affaires d'anciens combattants des deux grandes guerres, concernant les colonies et autres territoires d'outre mer, n'étaient pas clairement expliquées dans nos livres d'Histoire. Les massacres de Sétif ne sont connus que depuis quelques années, quant à Madagascar… qui s'en soucie ?
Votre ouvrage à le mérite, et le courage, d'exprimer à la fois clairement et simplement, sans artifices, les faits tels qu'ils se sont passés… Les faits sont têtus dit on… Mais ils sont aussi confondants.
C'est cette simplicité, cette histoire malheureuse et tristement ordinaire que vous avez su décrire et qui touche le lecteur. On a du mal à saisir comment des peuples ont pu être ainsi : mis en esclavage ; recrutés par force ou tromperie ; exilés ; mobilisés ; objet d'un racisme absolu ; victimes de "blanchissement" (le terme est d'une élégance…) ; abandonnés ; méprisés ; abusés ; spoliés de leurs droits acquis sur le Front… Et cela dans la plus parfaite indifférence. L'humiliation totale… qui rejaillit sur la France elle-même !
Il ressort de votre ouvrage une très grande amertume, non seulement en ce qui concerne les "indigènes" mais surtout et aussi pour la France… pays des Droits de l'Homme… Si j'osais, je dirais que tout cela est dégueulasse… minable, inconséquent… irresponsable.
Quelque chose d'important, peut-être de fondamental, émerge de votre livre : l'implacable machine militaire et politique, un énorme système ubuesque, dont la principale raison d'exister est de perdurer, quoi qu'il arrive, contre vents et marées… Comme une dangereuse imbécilité mise en règle intangible. L'on comprend alors tout au long de la lecture, que la loi est injuste… qu'elle installe "normalement" l'injustice, tout simplement en créant des statuts qui créent et entretiennent l'infériorité.
Il vaut mieux un massacre raisonné qu'un petit désordre. On suit bien le parcours du combattant africain… Recruté dans son pays d'origine, mobilisé, envoyé au front, prisonnier, expulsé et retour à la case départ… pour quoi, pourquoi, pour qui ? Quel gâchis…
De l'esclavage à la colonisation écrivez-vous… Tout est dit.
La seule lueur d'humanité vient des habitants de Morlaix et autres villes de France, qui ne s'encombraient pas de théories raciales ou sociales, mais se sont comportés comme des humains.
Dans une chanson brésilienne il est écrit "j'ai cinq doigts moi aussi, on peut se croire égaux"… illusion ? Sans doute… vous écrivez qu'en 2009 la situation des anciens combattants n'est toujours pas réglée… est-ce bien raisonnable… Parce que cela reviendrait trop cher… évidemment… D'ailleurs cela ressort tout au long de votre livre… toujours des histoires de sous, l'origine du massacre de Thiaroye… c'est à pleurer… c'est lamentable.
Condorcet, Clémenceau, Césaire, Hessel, Senghor… et d'autres que vous citez, autant de consciences qui ont gueulé dans un presque désert, quand leur voix sont recouvertes par les clairons et les tambours des cérémonies du Souvenir…
S'il faut se souvenir, alors il faut se souvenir de tout… ne rien oublier… c'est le grand mérite de votre livre.
Daniel Pillot, le village 07400 Valvignères le 22/08/2011

Auteur concerné :

Anne Cousin


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  dernière mise à jour : 10 août 2022 | © Harmattan - 2022 | À propos | Paiement en ligne | conditions générales de vente et mentions légales | frais de port